Retrouvez ci-dessous les questions les plus souvent posées sur notre projet et leurs réponses.

Pour poser vos questions sur le projet, n’hésitez pas à nous écrire via la rubrique Contact. Chaque question recevra une réponse individuelle du maître d’ouvrage durant la concertation ; nous nous efforcerons d’y répondre le plus rapidement possible. Vos questions serviront également à alimenter cette rubrique.

La charge financière des opérations de maintenance sera supportée entièrement par le maître d’ouvrage, autrement dit la société Éoliennes en Mer Dieppe et Le Tréport (EMDT). Les collectivités ne prendront aucun frais de maintenance à leur charge.

Le terme « éolienne » se réfère spécifiquement aux turbines produisant de l’électricité grâce à la force du vent.

Il existe des programmes visant à développer les turbines sous-marines, ou « hydroliennes », mais pas encore d’exploitation commerciale à ce jour, car la technologie est encore en phase de test. On peut compter parmi les parcs pilotes Pentland Firth, au large des Îles Orcades en Ecosse – où se situe d’ailleurs le Centre Européen des Énergies Marines (EMEC) –, et aussi le Raz Blanchard, au large du Cotentin, en Normandie.

A ce jour, la production d’électricité éolienne marine serait moins coûteuse que celle produite par l’énergie hydrolienne. Selon le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER), le prix du KWh pour l’éolien en mer, une fois les premiers parcs installés en France, se situera entre 10 et 12 centimes d’euros, alors qu’au même moment, le prix du KWh pour l’hydrolien devrait être d’environ 30 centimes d’euros.

D’autre part, les caractéristiques des zones propices à l’implantation d’un parc éolien en mer et d’un parc hydrolien sont différentes. Pour un parc éolien en mer, la qualité du vent est primordiale, les études de caractérisation du site réalisées par le maître d’ouvrage montrent d’ailleurs que la zone où sera implantée le parc éolien en mer de Dieppe-Le Tréport répond à ce critère fondamental.

Pour établir un parc hydrolien, les facteurs primordiaux sont la qualité des courants et l’existence de grandes amplitudes de marées. C’est pourquoi les zones les plus propices en France se situent au large du Cotentin, du Cap de la Hague et au large du Finistère en Bretagne.

Bien que l’hydrolien ne soit pas encore une technologie mature, elle est vouée à se développer dans les années à venir. Ces deux modes de production répondent à des critères différents, et peuvent être complémentaires dans le développement des énergies marines renouvelables sur différentes zones et différents milieux.

Les fondations des installations en mer développent un « effet récif », comme cela peut être observé sur d’autres structures immergées, telles que les fondations d’installations pétrolières, les bouées, les épaves… Cet « effet récif » consiste en la colonisation de différents types de structures par des espèces (faune et flore). Il y a ainsi fixation de micro-organismes, d’algues et d’invertébrés qui peuvent permettre progressivement l’installation de réseaux trophiques (chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d’un écosystème) plus ou moins importants.

D’après les retours d’expériences des parcs éoliens en mer existants comme celui d’Edmond Aan Zee (Pays-Bas) où l’on enregistre une forte agrégation de poissons autour des fondations ou celui de Barrow (Royaume-Uni), les espèces observées sur les fondations sont principalement des moules, des étoiles de mer, des anémones et des ophiures. Dans de tels cas, l’« effet récif » constitue une source de nourriture et un abri pour certaines espèces. On remarque également qu’il est proportionnel au nombre d’éoliennes construites.

Toutefois, le caractère « positif » de cet effet récif est à nuancer. Certaines espèces indésirables non présentes à l’origine peuvent, en se développant, avoir un impact négatif sur la biodiversité. Par exemple, cela pourrait modifier l’équilibre de la chaîne alimentaire entre les espèces préexistantes (ex : poissons, oiseaux marins ou mégafaune marine qui s’en nourrissent, …).

Le maître d’ouvrage (MOA) travaille avec la Préfecture maritime pour favoriser un parc au sein duquel il sera possible de pêcher. Ainsi, dans un courrier datant de décembre 2015, cette dernière a confirmé par écrit au MOA et aux comités des pêches :

 « Pendant la phase d’exploitation, les activités de pêches professionnelles, préexistantes au développement du parc, seront maintenues mais régulées pour garantir la sécurité des usagers. »

De plus, prenant compte des interrogations des professionnels de la pêche depuis le débat public, le MOA a travaillé à une optimisation du schéma d’implantation des éoliennes et du câblage au sein du parc éolien en mer afin de notamment faire cohabiter au mieux le parc et les activités de pêche. Ce nouvel agencement du parc, présenté lors de la plénière de l’Instance de Suivi et de Concertation du 19 octobre 2016, prévoit notamment :

  • L’absence de turbine à l’entrée de la zone du Creux, tandis que les Ridens de Dieppe seront toujours inoccupés. L’objectif de cette mesure est de préserver ces habitats riches en ressources halieutiques et principaux secteurs de pêche dans la zone du parc ;
  • Des couloirs inter-éoliennes plus larges, jusqu’à 1,1 km entre chaque éolienne, et ce afin de faciliter le passage des bateaux de pêche et de renforcer la sécurité de la navigation au sein du parc ;
  • Un alignement des éoliennes pour limiter les impacts sur la navigation et le paysage.

D’autre part, il appartiendra à la Préfecture Maritime de fixer les règles de sécurité maritime au sein du parc éolien en mer ainsi que les règles qui pourraient être mises en place à l’égard des activités de pêche professionnelle. Le maître d’ouvrage est toutefois disponible pour étudier toutes les propositions faites en ce sens, notamment par les professionnels de la pêche.

En l’état actuel de la législation et sous couvert de garanties financières, les parcs éoliens en mer sont soumis à une obligation de démantèlement dans le respect de l’environnement. Le cahier des charges de l’appel d’offres défini par l’Etat, auquel est soumis le maître d’ouvrage, prévoit des obligations claires en ce sens. En voici des extraits :

  • « L’offre remise à l’Etat par le porteur de projet décrit les modalités du démantèlement et de la remise en état du site, qui doit être compatible avec les activités existantes avant la construction du parc. »
  • « La mise en place de garanties financières (garantie bancaire ou consignation à la caisse des dépôts) à hauteur du montant des travaux nécessaires au démantèlement. Ces garanties sont prévues dans l’offre du porteur de projet. »
  • « Le maître d’ouvrage doit informer le préfet qui a délivré l’autorisation d’occupation du domaine maritime, 5 ans avant la date à laquelle il envisage de mettre fin à l’exploitation et réaliser, au plus tard 24 mois avant la fin de l’exploitation, une étude portant sur l’optimisation des conditions du démantèlement et de la remise en état du site, en tenant compte des enjeux liés à l’environnement, aux activités, et à la sécurité maritime. »

L’exploitant est légalement responsable et doit provisionner les garanties financières nécessaires au démantèlement du parc éolien en mer. L’offre acceptée par l’Etat, dont le coût d’environ 2 milliards d’euros est indiqué dans le dossier du maître d’ouvrage, inclut donc la prise en charge du démantèlement par le porteur de projet.

D’autre part, en ce qui concerne la durée de vie des éoliennes, l’ensemble des composants sont conçus et certifiés pour un fonctionnement de 25 ans, mais leur durée de vie réelle peut être supérieure. Sur cet aspect technique, et sous réserve du renouvellement des autorisations nécessaires par les services de l’Etat, la poursuite de l’exploitation du parc au-delà de 20 ans est envisageable. Il en est de même pour les autres composants du parc, tels que les fondations.

Le premier parc éolien en mer a d’ailleurs été installé en Europe au large du Danemark en 1991. Actuellement ce parc est toujours en exploitation.

La concertation s’entend comme un dialogue continu et ouvert entre le maître d’ouvrage, les services de l’Etat, les collectivités territoriales, les citoyens, les acteurs économiques, les organismes socioprofessionnels et les associations représentatives. Ce processus de partage d’information et d’échange est destiné à faire émerger les points de vue et les contributions susceptibles d’améliorer le projet et ses conditions d’implantation, tout au long de son élaboration.

Dès le début du projet, le maître d’ouvrage s’est engagé dans la concertation, afin d’élaborer son offre avec les acteurs locaux et ainsi de répondre au mieux aux attentes du territoire.

Du 24 avril au 31 juillet 2015, le débat public décidé par la Commission nationale du débat public (CNDP) et organisé par la Commission particulière du débat public (CPDP) a permis à un public élargi de s’exprimer, dans un cadre réglementé.

Par la suite, le 22 décembre 2015, sur la base du compte-rendu de la CPDP et du bilan de la CNDP, le maître d’ouvrage a décidé de poursuivre le développement du projet et a pris plusieurs engagements, que vous pouvez retrouver au lien suivant : Nos engagements suite au débat public.

Le maître d’ouvrage a notamment décidé de poursuivre et intensifier ses actions de concertation pour permettre :

  • D’informer sur le projet et son avancement et répondre aux questions qu’il suscite ;
  • De faciliter le dialogue entre le maître d’ouvrage et les parties prenantes ;
  • De solliciter les avis et propositions pour élaborer un projet respectueux du territoire.

De plus, le maître d’ouvrage a sollicité auprès de la CNDP la nomination d’un garant de la concertation. Monsieur Jacques Roudier a été désigné et occupe depuis lors cette fonction et ce jusqu’à l’enquête publique.

Les sédiments de l’aire d’étude immédiate et ses alentours ont été analysés grâce à quatre campagnes en mer de prélèvements sédimentologiques. Ces analyses physico-chimique en laboratoire indiquent que les sédiments sont exempts de pollution par les contaminants chimiques (métaux lourds, PolyChloroBiphényles (PCB), TriButyléTain (TBT) ainsi que ses dérivés…), organiques (Carbone Organique Total, Azote et Phosphore total) et bactériologiques (Escherichia coli).

Concernant le transport des sédiments, des modélisations numériques ont également été réalisées afin d’appréhender l’impact potentiel de la présence du parc éolien sur la dynamique hydro-sédimentaire à échelle locale et globale. Les résultats indiquent que :

  • Les modifications du transport sédimentaire restent globalement localisées autour des éoliennes ;
  • Les modifications des flux solides en bordure du parc sont très faibles ;
  • Les flux sédimentaires ne sont pas modifiés à l’échelle régionale ;
  • Il n’y a aucune incidence du projet de parc sur la dynamique sédimentaire à la côte et donc aucun impact positif ou négatif, sur les tendances érosives.

Enfin, lors de la phase de construction du parc éolien, d’autres modélisations ont été réalisées et montrent que les activités de construction ont un effet limité sur l’augmentation de la turbidité, autrement dit sur la concentration de particules en suspension dans l’eau. En effet, les résultats indiquent que le panache turbide reste localisé autour du point d’opération lors d’une opération de forage. De même, les résultats montrent que le relargage des déblais de forage sont localisés au droit du point d’immersion et que la concentration en matière en suspension reprend le même ordre de grandeur des conditions naturelles à seulement 4 km du point d’opération.

Le site du projet de Dieppe – Le Tréport bénéficie d’une importante base de données d’observations collectées entre 2007 et 2012, qui couvre l’ensemble des cycles biologiques des espèces.Les stationnements d’oiseaux les plus importants du secteur sont ceux observés dans la Baie de Somme, située à plus de 20 km du projet.

Au regard des bases de données dont nous disposons à ce jour, il apparaît que la zone de projet ne se trouve pas sur l’axe des principaux couloirs migratoires connus à l’échelle de la Manche. Les trajectoires empruntées par les oiseaux migrateurs sont, en fonction des espèces concernées, soit plus côtières (espèces littorales ou marins côtiers), soit plus au large (espèces vivant en haute mer, voire autres groupes en fonction des conditions météorologiques). Ceci s’explique notamment par la localisation de la zone propice dans une courbure du littoral, les oiseaux croisant au large coupent au plus rapide entre les caps (Gris Nez et Antifer) et n’ont pas de raisons particulières (par bonnes conditions météorologiques) de rallonger leur distance en réalisant une courbure parallèle à la côte (dépense d’énergie supplémentaire). Les espèces plus terrestres, quant à elles, épousent plus la courbure de littoral en restant proche des côtes. Il est donc probable que les haltes migratoires en Baie de Somme ne soient pas impactées par le projet.

Les études complémentaires aux observations passées confirmeront ou non l’enjeu migratoire et de repos de la zone du projet pour les oiseaux. Le cas échéant, l’agencement des éoliennes proposé au sein du parc éolien de Dieppe et du Tréport devra respecter le sens de migration des oiseaux et offrir des couloirs de passage.

Les études réalisées précédemment par le bureau d’étude BIOTOPE ont permis de tirer quelques premières conclusions. Pour plus d’informations, vous pouvez vous reporter à la fiche de synthèse d’études : « Oiseaux et Chauves-Souris ». Les études supplémentaires menées actuellement par le maître d’ouvrage viendront compléter et actualiser les études antérieures. Elles permettront de confirmer l’état initial de la zone et notamment la présence ou non de couloirs de migration. Cet état initial, ainsi que le suivi environnemental qui sera mené par le maître d’ouvrage au cours de l’exploitation du parc, permettront d’adapter au besoin les mesures prévues.

La concession d’utilisation du domaine public maritime a une durée maximale de 30 ans, la durée d’exploitation prévisionnelle quant à elle est estimée entre 20 et 25 ans (la période de construction est fixée à 2 – 3 ans et le démantèlement à 2 ans). A l’issue de cette période d’exploitation, le parc éolien doit être démantelé, conformément à la réglementation (soit à partir de 2041).

Le démantèlement s’applique aux éoliennes, à leurs fondations, aux câbles de raccordement et au poste électrique de livraison. Les candidats à l’appel d’offres de l’Etat pour l’éolien en mer ont été tenus par le cahier des charges de l’appel d’offres de :

  • Décrire précisément dans leur offre les modalités du démantèlement et de la remise en état du site, qui doit être compatible avec les activités existantes avant la construction du parc ;
  • Prévoir les garanties financières à hauteur du montant des travaux nécessaires au démantèlement ;
  • Réaliser, au plus tard 24 mois avant la fin de l’exploitation, une étude portant sur l’optimisation des conditions du démantèlement et de la remise en état du site, en tenant compte des enjeux liés à l’environnement, aux activités, et à la sécurité maritime.

Concernant le démantèlement, la gestion des déchets est soumise au code de l’environnement. Les déchets sont classés en différentes catégories selon leur nature.

1. Les éoliennes (sans les fondations)

Les éoliennes peuvent être démontées et transportées à terre pour être recyclées. En effet, les éoliennes sont principalement composées de métaux dont les méthodes et filières de recyclage sont déjà clairement identifiées.

  • Ainsi, 88 % d’une éolienne (en masse) est recyclable.
  • Les 12% d’éléments restant composant l’éolienne sont pour l’essentiel des déchets industriels banals, en particulier, les polyvinyles, et terres rares, qui seront traités selon les meilleures solutions disponibles au moment du démantèlement.

2. Les autres composants du parc

Concernant les autres composants du parc (fondations, câbles inter-éoliennes, poste en mer), un certain nombre de composants recyclables (en acier et en cuivre notamment) ont été identifiés à ce jour, ainsi que les interlocuteurs potentiels pour leur valorisation finale. Par ailleurs, les huiles contenues dans les machines seront prises en charge par une filière spécialisée permettant leur valorisation.
Ainsi, près de 1 600 tonnes de composants recyclables par éolienne ont été identifiés en incluant les fondations, ce qui représente environ 117 000 tonnes pour la zone.

Le développement des compétences par la formation est primordial pour le succès de la filière industrielle. 315 000 heures de formation seraient dispensées à la fois pour les besoins des usines du Havre dédiées à la fabrication des éoliennes (230 000 heures) et pour les besoins de maintenance (85 000 heures) tout au long de la vie du projet. Ces heures de formation sont à destination des futurs employés d’Adwen, qui seront engagés pour travailler soit dans les usines, soit sur la maintenance des éoliennes. Ces heures de formation viendront en complément de la formation initiale de l’employé.

Adwen s’implique dans le développement de formations locales, initiales ou continues, en travaillant sur 3 axes principaux :

  • L’identification des compétences ;
  • Le développement ou l’adaptation des formations ;
  • L’information sur les métiers.

Pour s’assurer de l’adéquation des compétences attendues et de l’offre de formation initiale et continue, Adwen a effectué un diagnostic compétence/formation sur la base de son expérience de plus de 9 ans en éolien en mer. Ce diagnostic s’est appuyé sur 2 études commanditées par la DIRECCTE Haute Normandie en lien avec le Conseil Régional. Il s’articule autour de 3 objectifs :

  • Une étude des différents postes sur les sites de production de nacelles et de pales d’éoliennes offshore d’Adwen en Allemagne, permettant de détailler les compétences nécessaires ;
  • Une cartographie des formations et des référentiels de certification en région permettant de d’acquérir les compétences identifiées précédemment ;
  • L’analyse des écarts entre besoins en compétences et ressources en formation, des préconisations sur les adaptations à mener.

Dans les usines Adwen, les métiers principaux sont les suivants : monteurs électriques et mécaniques très qualifiés, techniciens de contrôle, opérateurs d’assemblage et de finition. Les filières de formation existent déjà pour ces métiers, des discussions sont notamment en cours avec les établissements suivants :

  • Le Lycée Colbert à Petit Quevilly (Plasturgie et Composite) ;
  • IUT du Havre (Composite) ;
  • Le Lycée Schuman au Havre (mécanique/électricité) ;
  • Le Lycée Jeanne d’Arc du Havre (mécanique/électricité).

Des parcours de professionnalisation sont également prévus pour former les personnels aux spécificités de l’éolien en mer. La démarche est la même pour les emplois de maintenance. Le maître d’ouvrage et Adwen disposent d’une vision claire des types de métiers qui seront mobilisés pendant l’exploitation du parc : une cartographie des formations existantes est menée depuis quelques années. Adwen a ainsi travaillé en collaboration avec le Ministère de l’Education Nationale à la refonte du BTS de maintenance pour inclure un volet spécifique à la maintenance éolienne en mer. Cette nouvelle formation est dispensée deuis la rentrée 2015 dans les lycées désignés par rectorat de Haute-Normandie et Windlab en Picardie pour proposer ces formations au plus près des sites d’implantation en mer.

Compte-tenu de la répartition des vents sur la zone d’implantation du projet, les éoliennes devraient tourner environ 90 % du temps. La production annuelle des éoliennes correspond à un fonctionnement à pleine puissance pendant 40% du temps.

Avec un rotor de 180m de diamètre, l’éolienne ADWEN 8 MW choisie pour équiper le parc est conçue pour s’adapter de manière optimale aux vents des côtes françaises. Ces éoliennes sont capables de démarrer à partir d’une vitesse moyenne de vent de 11 km/h, de fonctionner à pleine puissance à partir de 43 km/h environ et de s’arrêter automatiquement lorsque le vent dépasse 108 km/h. Nous vous invitons à consulter la fiche thématique « L’éolienne ADWEN 8 MW » ainsi que le Dossier du maître d’ouvrage (p.14).

Si ce parc éolien en mer est construit, il permettra de fournir annuellement l’équivalent de la consommation électrique annuelle de près de 850 000 personnes (plus de 2 000 gigawattheures par an), soit environ les deux tiers de la population de Seine-Maritime.

Le coût de l’éolien en mer est aujourd’hui plus élevé que celui d’autres sources de production d’électricité, comme le nucléaire installé par exemple. La filière, notamment en France, bien que techniquement mature, est encore en phase d’amorçage industriel et dispose d’une marge importante de réduction de ses coûts. Une croissance régulière du marché de l’éolien en mer engendrera une baisse de ces coûts, du fait principalement :

  • D’économies d’échelle sur la chaîne d’approvisionnement ;
  • De l’optimisation des méthodes d’installation en mer ;
  • De l’augmentation de la productivité des éoliennes et de la diminution des coûts d’exploitation ;
  • D’une concurrence accrue entre les fabricants d’éoliennes et entre les spécialistes des opérations d’installation en mer.

Dans les pays disposant de plusieurs parcs éoliens en mer, comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni, on observe une telle tendance. Ainsi, d’après les rapports de l’Office Franco-Allemand (2013) et du Crown Estate britannique (2012), le coût complet de production de l’électricité de l’éolien offshore se situe en Allemagne et au Royaume-Uni environ entre 130 et 160€/MWh pour des décisions finales d’investissement prises en 2012, et sa trajectoire prévisionnelle devrait permettre de descendre sous la barre des 100€/MWh pour des décisions finales d’investissement prises en 2020, selon divers scénarios allant d’une croissance modeste à une croissance rapide du secteur. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont en effet plusieurs années d’avance sur la France en matière de parcs éoliens offshore, et ces chiffres laissent donc envisager des perspectives positives quant à la réduction des coûts de production de la filière française d’éolien en mer, sur la base d’un marché croissant et stable soutenu par des engagements de la part de l’Etat.

Les industriels du secteur en France (représentés par le Syndicat des Energies Renouvelables) prévoient que le coût du MWh produit à partir d’installations éoliennes en mer devrait atteindre une valeur située entre 100 et 120 €/MWh entre 2025 et 2030. Pour les autres secteurs des énergies renouvelables dont le développement est plus ancien (éolien terrestre/PV) on note une tendance à la baisse des coûts de production et on peut donc anticiper un scénario relativement semblable pour l’éolien offshore. A l’inverse, d’après le rapport de la Cour des Comptes sur l’électricité nucléaire (2014), les coûts de production liés aux centrales nucléaires connaissent une tendance à la hausse depuis quelques années (49,6€/MWh en 2010 contre 59,8€/MWh en 2013). Le coût de l’électricité qui serait produite par les nouvelles centrales nucléaires EPR est lui estimé à 114€/MWh.

L’énergie éolienne, comme toutes les énergies renouvelables, offre également l’avantage de ne pas dépendre pour son fonctionnement d’énergies fossiles. Ainsi, la quasi-totalité des coûts de production de l’éolien offshore sont réinvestis dans les économies locales car le projet ne prévoit pas d’importations de combustible et car les équipements seront majoritairement produits en France, ou en Europe.

La zone propice du Tréport présente un risque qualifié de « significatif » par l’Etat du point de vue de la présence d’engins explosifs. De nombreux explosifs datant de la Seconde Guerre Mondiale seraient en effet encore présents sur et dans les fonds marins, et constituent un risque à prendre en compte dans la mise en œuvre du parc éolien.

Les différents types d’engins explosifs potentiellement présents sur le site ont été identifiés. Une attention particulière a été portée aux quatre épaves identifiées au sein de la zone propice, ainsi qu’aux mines allemandes de fond de type « LMB » ou « BM 1000 », qui ont été retenues comme références pour la définition des campagnes de détection. Ces dernières ont en effet une signature magnétique très faible et sont donc particulièrement difficiles à détecter. Ainsi, si celles-ci peuvent être détectées, tous les autres types de mines ou de bombes potentiellement présentes le seront.

Cette particularité liée à la zone du projet oblige le maître d’ouvrage à réaliser une étude de détection d’éventuels engins explosifs avant tous travaux ou études qui nécessiteraient une intrusion dans le sol et le sous-sol.

  • Un premier protocole de sécurisation validé par les autorités de l’Etat compétentes a déjà été mis en œuvre à l’été 2011, en préalable à la réalisation d’une campagne géotechnique.
  • Un deuxième est mis en œuvre au printemps 2015, en préalable à la réalisation d’une campagne similaire.
  • Cette dernière, qui poursuivra les travaux déjà menés de définition du contexte géologique et géotechnique du site, permettra en outre de mieux caractériser la couche sédimentaire susceptible de contenir des engins explosifs. Des études complémentaires seront réalisées par la suite pour étendre ces conclusions à l’ensemble de la zone et définir une stratégie globale d’évitement des zones à risques avant l’installation du parc éolien.

Afin de choisir les fondations adéquates pour le parc éolien en mer de Dieppe Le Tréport, des études préalables ont été menées sur les trois grands types de fondations existantes pour l’éolien en mer posé :

  • La fondation monopieu: il s’agit d’un pieu (creux) composé d’acier et enfoncé dans le sol marin. Ce type de fondation est le plus répandu dans les parcs européens actuellement en exploitation. Il est adapté pour des profondeurs n’excédant pas 30 mètres. Selon les types de sol et les dimensions des éoliennes, son emprise au sol s’étend sur un diamètre qui varie de 4 à 8 mètres. En fonction des dimensions du monopieu, des types de sol et des conditions de mer rencontrées, ce type de fondation peut également nécessiter la mise en place d’une protection, dite anti-affouillement, contre l’érosion causée par le mouvement de l’eau autour des pieux. Cette protection consiste majoritairement en la mise en place d’une couche de roches autour du monopieu ou, dans certains cas, par l’installation d’une structure préfabriquée (tapis en caoutchouc, structure fixe en acier…).
  • La fondation gravitaire: il s’agit d’une structure en béton posée sur le fond marin, qui nécessite une préparation du sol, ainsi que des protections anti-affouillement. Son emprise au sol s’étend sur un diamètre allant de 30 à 50 mètres.
  • La fondation jacket (ou structures en treillis métallique) : il s’agit d’une fondation treillis composée de tubes en acier posés sur 3 ou 4 pieux (creux). Elle connaît une utilisation croissante, notamment parce qu’elle est adaptée à des éoliennes de forte puissance et à des profondeurs plus importantes (jusqu’à 50 mètres). Son emprise au sol est faible comparativement aux autres types de fondation, puisque ses pieux sont d’environ 2 mètres de diamètre. D’autre part, elle ne nécessite pas nécessairement de protections anti-affouillement.

les trois grands types de fondation

 

Au cours de la phase d’appel d’offres, le maître d’ouvrage a donc évalué ces différents types de fondations au regard des critères suivants :

  • Adaptation avec les profondeurs d’eau ;
  • Conformité avec les dimensions (taille et masse) des éoliennes ;
  • Conformité avec les propriétés géotechniques du sous-sol marin et les données des conditions de mer ;
  • Maturité des modalités de fabrication, d’installation et de démantèlement ;
  • Enjeux d’approvisionnement ;
  • Compatibilité avec les enjeux environnementaux identifiés ;
  • Compatibilité avec les activités existantes ;
  • Degré de complexité de la maintenance.

En définitive, la fondation jacket retenue pour le projet a l’avantage d’être compatible avec de nombreuses profondeurs et conditions de sol. De plus, elle a déjà été mise en œuvre avec succès sur plusieurs parcs éoliens en mer en Europe. Ces parcs présentent des caractéristiques similaires aux projets français en termes de profondeur et de nombre d’éoliennes (exemples : Alpha Ventus, Ormonde, Thorton Bank 2).

D’autre part, le choix de la fondation jacket est favorable à :

  • L’hydrodynamisme : localement, la structure en treillis métallique limite la modification des conditions d’écoulement à proximité directe des structures immergées.
  • L’ « effet récif » : des micro-organismes, des algues et des invertébrés peuvent venir coloniser les fondations et permettre progressivement l’installation de réseaux trophiques (chaînes alimentaires reliées entre elles au sein d’un écosystème) plus ou moins importants. Cet effet est souvent observé sur des structures immergées telles que les fondations d’installations pétrolières, les bouées, les épaves… Or les études montrent qu’à une hauteur constamment immergée, la colonisation est beaucoup plus importante sur fondation jacket que sur fondation gravitaire ou monopieu ;
  • La faune marine : le diamètre de pieu, moins important sur une fondation jacket que sur du monopieu, génère des niveaux de perturbations sonores chez les mammifères marins moins importants. De plus, la faible emprise des pieux et l’absence ou la faible protection anti-affouillement qui doit être mise en place sur ce type de fondations limite la destruction directe des espèces habitant les fonds marins et de leurs habitats.

La fixation au sol des fondations jacket se fait par l’intermédiaire de quatre pieux de 2,2 m de diamètre pour chaque éolienne et de 3m de diamètre pour la fondation jacket du poste électrique en mer. Pour être fixés, ces pieux sont battus, ce qui génère des bruits « impulsionnels », ou discontinus. Différentes études ont été menées pour évaluer l’impact de ce battage sur la faune marine présente dans la zone de projet, à savoir :

  • Les mammifères marins ;
  • Les espèces benthiques, vivant sur les fonds marins (ex : moules, bivalves…)
  • Les mollusques et les crustacés ;
  • Les poissons et les céphalopodes.

Concernant les mammifères marins, le bruit généré par ce battage peut les amener à s’éloigner de la zone et leur masquer des informations sur leur environnement, ce qui pourrait empêcher l’accomplissement de certaines fonctions (ex : la chasse). De telles modifications du comportement de ces espèces s’observeraient sur une zone allant jusqu’à 1,6 mille nautique (3 km) autour du point de battage des pieux. Cependant les retours d’expériences sur les parcs éoliens en exploitation montrent que les espèces ont tendance à quitter les zones de travaux puis à revenir une fois ceux-ci terminés. Ainsi les suivis réalisés pendant le fonctionnement du parc éolien de Horns Rev I (Danemark), équipé de fondations monopieux, témoignent d’un retour des marsouins sur le site à hauteur des fréquentations d’avant la construction. De plus, il a été constaté que le retour des marsouins était complet 2 ans après le début de l’exploitation et que leur densité était constante et identique à celles observées à l’extérieur du parc.

Concernant les espèces benthiques, les études réalisées ont montré que la modification de l’ambiance sous-marine n’aurait qu’un impact faible sur ce type de spécimens, en particulier car ceux-ci sont peu sensibles au bruit.

Concernant les mollusques et les crustacés, l’impact attendu lors du battage de pieux est considéré comme faible. En effet, les études sur le sujet estiment la résistance au bruit de ces spécimens comme suffisamment forte pour qu’il n’y ait pas d’effets significatifs à leur encontre pendant la phase de travaux.

Concernant les poissons et les céphalopodes, les études menées par le bureau d’étude Quiet-Oceans sur la zone du parc, montrent qu’il y aura une modification de l’ambiance sonore sous-marine pendant les travaux. Des risques de dommages physiologiques temporaires pourront être observés à proximité immédiate du battage (environ 40 m). En conclusion, il y aura un impact moyen attendu à l’échelle des stocks concernés. En revanche les retours d’expérience, notamment sur la construction du parc éolien en mer d’Alpha Ventus en Allemagne, montrent que les poissons pélagiques, vivant en haute mer, fuient la zone de travaux mais que leur niveau initial de fréquentation se retrouve une fois les travaux achevés.

Afin de limiter ces impacts sur l’ensemble de la faune marine locale, des mesures de réduction seront mises en œuvre par le maître d’ouvrage, parmi lesquelles :

  • Une procédure de battage progressif (en puissance et en cadence) afin que les espèces sensibles puissent s’éloigner des zones de dommages physiologiques (environ 300 mètres autour des opérations de battage pour les mammifères marins) ;

Cette mesure pourra être complétée le cas échéant par un éloignement des mammifères marins des zones à risque, au moyen d’outils sonores servant à effaroucher les spécimens ;

  • La mise en œuvre de drones équipés de caméras thermiques infra-rouges permettant de détecter les mammifères marins présents dans la zone en phase de construction ;
  • Le contrôle par enregistrement acoustique de la présence ou absence de mammifères marins dans les zones à risque ;
  • La réduction des émissions sonores à la source aux moyens de système de confinement ou de rideaux de bulles.

Des retours d’expériences du parc d’Alpha Ventus en Allemagne (Wilhelmsson et al., 2010) et des parcs d’Horns Rev et Nysteed au Danemark ont notamment montré lors de campagnes en mer avant, pendant et après la construction, que les espèces pélagiques, vivant en haute mer, évitaient la zone de travaux et revenaient par la suite dans le périmètre du parc lors de la phase d’exploitation.

Les métaux lourds sont les éléments métalliques naturels ayant une densité de plus de 5g/cm3 et de numéro atomique élevé. Ils présentent des caractéristiques physiques particulières : de bonnes conductivités thermiques et électriques. De part ces caractéristiques, ils peuvent créer par procédé physico-chimique des complexes plus ou moins stables.

Certains métaux sont essentiels à la vie, tandis que d’autres sont nocifs pour les organismes vivants. La toxicité de certains métaux s’explique par :

  • La forme chimique sous laquelle ils existent dans la nature ;
  • Leur non-dégradabilité ;
  • Leur toxicité sous faible concentration ;
  • Leur tendance à se concentrer le long de la chaîne trophique.

Les fondations qui sont des structures en acier seront protégées contre la corrosion par des anodes sacrificielles. La protection cathodique par l’utilisation d’anodes sacrificielles est une protection électrochimique pour laquelle le courant électrique est obtenu en reliant une électrode (l’anode sacrificielle) à la structure métallique à protéger (la cathode).

Les anodes envisagées pour le parc seront constituées principalement à 95% d’aluminium et 5% de zinc. A noter que l’aluminium n’est pas un métal lourd. D’autres métaux sont également présents en quantité infimes (cuivre, cadmium, fer, plomb, silicium, indium). Le phénomène d’électrolyse (réaction chimique produite sous l’effet d’un courant électrique) entraîne ainsi la diffusion de ces éléments métalliques dans le milieu environnant.

En réalité, un organisme aquatique ne fait jamais face à une telle quantité de métal, car celle-ci est continuellement diluée – sous forme dissoute ou particulaire – dans l’eau par les déplacements des masses d’eau (hydrodynamisme). Cette dissolution favorise les faibles concentrations localisées de métaux dans l’eau et les sédiments. En conclusion, les flux de métaux estimés sont considérés négligeables à une échelle régionale.

Figure 1. Anode sacrificielle (gauche) et disposition sur une fondation de type jacket (droite).

Source : www.comsol.com in Yark et al. (2016).

Figure 2 : Principe de la protection cathodique par une anode sacrificielle en Aluminium

Source : http://www.cathodicprotection101.com/protection-cathodique.htm

L’ensouillage des câbles électriques inter-éoliennes, c’est-à-dire leur enfouissement, se fera à une profondeur de l’ordre de 1,1m.

Ces profondeurs visent à éviter les risques de croches avec les arts traînants et ainsi permettre le maintien de l’ensemble des usages. Toutefois, les mouvements des sédiments peuvent entraîner un possible découvrement des câbles électriques ensouillés. Par conséquent l’ensouillage des câbles sera vérifié régulièrement par des campagnes de suivi géophysique afin d’assurer la sécurité des usagers de la mer.

La consultation pour le choix de la zone d’implantation du projet de Dieppe – Le Tréport a été menée par l’Etat en amont de l’appel d’offres de 2013, pour lequel la société Eoliennes en Mer Dieppe Le Tréport a été désignée lauréate. La zone d’implantation constitue à cet égard un invariant du cahier des charges. Il n’est donc pas du ressort du porteur de projet de modifier l’emplacement du parc. Par ailleurs, suite au débat public de 2015, la ministre de l’Environnement a réaffirmé – en juin 2016 – le choix de la zone du projet.

De plus, un changement des conditions de l’appel d’offres romprait l’attribution du projet et remettrait en cause l’ensemble de l’appel d’offres, y compris le projet de parc éolien en mer des îles d’Yeu et de Noirmoutier. Or, l’annulation de deux des six projets attribués et en cours de développement en France entraînerait un retard conséquent dans le développement de la filière industrielle française de l’éolien en mer et retarderait d’autant les retombées économiques locales attendues par les territoires.

Mise à jour le 20 février 2017