Focus – 4 mesures phares pour l’environnement

05/04/2018 | L'environnement, Les actus et l'édito

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Dans le cadre de l’instruction des demandes d’autorisations du projet de parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport, déposées le 10 mai 2017 auprès des services de la préfecture de la Seine-Maritime, l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) était invitée à rendre un avis conforme sur l’impact du projet sur le milieu marin du Parc Naturel Marin des Estuaires Picards et de la Mer d’Opale (PNM EPMO). En effet, 20 des 62 éoliennes du projet éolien en mer de Dieppe Le Tréport seront situées au sein du PNM EPMO. Le conseil d’administration de l’AFB réuni le 20 février 2018 a voté un avis favorable assorti de réserves et de prescriptions sur le projet de Dieppe – Le Tréport.

Suite à l’avis du PNM EPMO rendu le 20 octobre 2017, Eoliennes en Mer Dieppe Le Tréport (EMDT) a en effet proposé de nouvelles solutions techniques pour aller au-delà des mesures qui étaient d’ores et déjà proposées dans son étude d’impact sur l’environnement, et répondu point par point aux recommandations environnementales du PNM EPMO. Les analyses techniques menées ces derniers mois ont permis à EMDT de proposer quatre nouvelles mesures qui visent à renforcer l’exemplarité environnementale du projet. 

Crédits : Fotolia

1. La rehausse du mât des éoliennes de quinze mètres :

Indécelable à l’œil nu depuis le littoral, elle permet de réduire d’au moins 50% le risque de collisions pour l’ensemble des espèces d’oiseaux. De nombreuses espèces d’oiseaux volent en dessous de 30 mètres d’altitude, soit en dessous du rayon décrit par les pales. Cette mesure ramène la hauteur totale des éoliennes à 211 mètres. (La hauteur de l’éolienne 8MW initialement prévue pour équiper le parc éolien – modèle Adwen – était déjà de 210 mètres.)

Rehausse des éoliennes

2. La suppression des anodes sacrificielles pour protéger les fondations contre la corrosion :

La protection cathodique des fondations du parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport envisagée jusqu’ici consistait à placer des anodes dites « sacrificielles » – majoritairement composées d’aluminium – sur les fondations « jacket » en treillis métalliques. En effet, la dissolution des anodes sacrificielles dans l’eau permet par réaction chimique passive de protéger les parties métalliques des fondations. Si les anodes sacrificielles, dont l’impact sur l’environnement est faible, sont une technologie éprouvée et largement répandue, la concertation avec le grand public et les associations environnementales a amené EMDT à lui préférer un système de protection par courant imposé qui permet d’éviter le rejet de métaux lourds dans l’environnement.

Cette protection consiste en l’installation d’anodes faites de titane qui reçoivent un très faible courant électrique permettant, par réaction active chimique, de protéger la structure de la corrosion. Le système est raccordé à l’éolienne et des câbles parcourent la fondation afin de transporter l’électricité jusqu’aux anodes. Le parc éolien en mer de Dieppe – Le Tréport sera ainsi le premier en France – avec celui des îles d’Yeu et de Noirmoutier – à être équipé de fondations « jacket » protégées par courant imposé.

Remplacement des anodes sacrificielles par des anodes à courant imposé

3. L’exclusion de toute opération de battage des pieux :

Pendant la phase de construction, EMDT va exclure toute opération de battage de pieux pendant les 4 mois les plus sensibles pour le développement des mammifères marins. L’impact sur ces derniers sera ainsi encore plus réduit. Cette mesure s’ajoute aux mesures de réduction de bruit proposées jusque-là, notamment la réduction des perturbations sonores sous-marines par l utilisation de rideaux de bulles autour de la zone de travaux.

Exclusion du battage des pieux pendant une période de quatre mois

4. La création d’un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Eolien en mer : 

Conformément à sa réponse à l’appel d’offres, Eoliennes en Mer Dieppe Le Tréport (EMDT) s’est engagée à créer un Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Eolien en mer. Ce GIS permettra à EMDT de réaliser le suivi des mesures d’évitement, de réduction et de compensation (ERC) (voir notre Focus sur les mesures ERCainsi que les suivis environnementaux de long terme présentés dans le cadre de son étude d’impact sur l’environnement.

Inédite à l’échelle d’un parc éolien en mer, la création d’une telle structure permettrait d’associer les acteurs du territoire au suivi du parc sur les aspects environnementaux et humains. Le GIS est un outil qui permet à l’ensemble des parties prenantes locales de définir, mettre en œuvre et partager les résultats d’études scientifiques et ainsi contribuer à une meilleure connaissance du milieu marin.

Suite à l’avis de l’Agence Française pour la Biodiversité, EMDT va renforcer les travaux du futur Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) par un financement avec un budget total de 8 millions d’euros, et accélérer sa mise en œuvre en 2018.

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